Écrire, c’est semer des mots comme on sème des lumières dans l’ombre, c’est offrir à ses pensées un abri sur la page, à ses émotions une forme, à ses blessures une voix. Mais parfois, l’écriture ne suffit pas. Il y a des éclats à l’intérieur, des orages qui grondent, et il devient nécessaire de crier, de gueuler même, pour laisser passer l’orage, pour faire trembler les murs avec ses vérités, pour que l’écho d’un cri soulage ce que les mots ne peuvent porter seuls.
Écrire, gueuler : deux gestes qui se complètent, deux souffles dans la nuit. L’un est secret, silencieux, patient ; l’autre, brutal, immédiat, libérateur. Ensemble, ils dessinent les contours de notre identité, tissent le fil fragile qui nous relie aux autres, et nous rappellent que s’exprimer, sous toutes ses formes, c’est vivre un peu plus fort.
Quand les mots soignent les maux